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    Retour sur le grand prix du Mexique 2026 : un nouveau roi et des « dramas » en série

    Nicolas AnderbeganiNicolas Anderbegani2 novembre 2026Aucun commentaire
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    Ce grand prix du Mexique 2026 restera dans les mémoires, l’animation et les rebondissements ayant émaillé tout le weekend sur et en dehors de la piste. A l’avènement d’une nouvelle étoile se sont ajoutés plusieurs « dramas ». Les réalisateurs de Drive to survive se frottent les mains… 

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    Rififi chez Ferrari

    La course mexicaine avait pourtant commencé sous les meilleurs auspices pour Ferrari. Lewis Hamilton, auteur de sa première pole position avec la Scuderia (la 105e de sa carrière !), occupait la première place sur la grille devant George Russell et Charles Leclerc. Le Britannique avait une occasion idéale de décrocher une nouvelle victoire, tandis que son équipier monégasque pouvait également espérer jouer les premiers rôles, mais les deux Ferrari ont tout gâché dès les premiers virages.

    Au départ, Hamilton conserve l’avantage, tandis que Leclerc se porte à sa hauteur. Les deux hommes abordent les premiers virages côte à côte et poursuivent leur duel jusqu’au virage 4. Le Monégasque tente de prendre l’avantage par l’extérieur, en emmenant beaucoup de vitesse, mais Hamilton relâche les freins et ferme la porte. Emmené vers l’extérieur, Leclerc coupe l’herbe et reprend la piste en tête, tandis que Hamilton est gêné dans sa prise de virage et voit Max Verstappen s’intercaler entre les deux Ferrari. 

    Leclerc aurait pu rendre la place à Hamilton, mais Verstappen s’étant intercalé, on choisit de rester devant et de creuser l’écart en profitant du « clean air », quitte à endosser une pénalité. Les commissaires estiment que Leclerc a quitté la piste et conservé un avantage. Il écope d’une pénalité de cinq secondes, qui pèsera lourd dans la suite de l’épreuve.  Malgré le drapeau rouge et la voiture de sécurité, Verstappen conserve la tête. Hamilton termine deuxième à seulement 0,8 seconde, tandis qu’Antonelli complète le podium. Leclerc, qui a raté son freinage au 2e départ, a été passé par Antonelli et doit se contenter de la quatrième place. 

    Pour Ferrari, le résultat a un goût particulièrement amer. L’équipe avait potentiellement les moyens de réaliser un doublé, mais repart finalement avec une deuxième et une quatrième place, derrière une Red Bull qui a su profiter de ses erreurs. 

    La tension entre les deux pilotes Ferrari ne s’est pas dissipée après l’arrivée. Pendant l’interruption de course, on a vu Hamilton rentrer dans le stand casqué et en colère, disant à la radio qu’ils allaient avoir de « gros gros problèmes ». Bien au contraire. Lewis Hamilton, particulièrement contrarié par le déroulement du premier tour, a livré des déclarations très dures à l’encontre de son équipier. Le Britannique ne reproche pas simplement à Leclerc une manœuvre trop optimiste : il remet en cause sa manière d’aborder les affrontements entre coéquipiers. 

    En conférence de presse, Hamilton ne mâche pas ses mots : « Si nous avions simplement conservé nos places, tout pouvait arriver dans la course. Mais quand votre équipier travaille contre vous et que vous perdez des positions de cette manière, c’est forcément difficile. » 

    Le septuple champion du monde évite de remettre en question sa trajectoire limite, façon « Verstappen », qui a mis Leclerc hors piste. Cependant, il met le doigt sur une réalité : l’absence de règles suffisamment claires concernant les affrontements entre pilotes de la même équipe. Selon lui, Ferrari doit désormais définir un cadre plus précis pour éviter que ce genre de situation ne se reproduise. 

    Mais c’est surtout une autre déclaration qui retient l’attention. Hamilton évoque directement la mentalité de Leclerc, âgé de 28 ans, et estime que le problème ne relève pas de son inexpérience. 

    « Le gars a 28 ans, donc je ne pense pas que ce soit une question d’âge. Je pense que c’est une question de mentalité. C’est comme si c’était tout ou rien : soit je gagne, soit aucun de nous ne gagne. Et cela ne devrait pas être comme ça. Nous devrions pouvoir réaliser ce doublé. » 

    Charles Leclerc n’a pas complètement rejeté les critiques. Le Monégasque reconnaît que sa pénalité était justifiée, mais il rappelle également que Hamilton l’a poussé hors de la piste dans les premiers virages et considère que cela faisait partie d’un affrontement normal entre pilotes qui se battent pour la victoire. Néanmoins, le contexte de la bataille, en début de course, sur un circuit qui leur était favorable, aurait dû entraîner une approche plus calculée et moins instinctive.

    Le directeur de Ferrari, Frédéric Vasseur, n’a pas caché son mécontentement. Il estime que les deux pilotes travaillent pour une équipe et non pour leurs intérêts personnels. « Quand vous êtes premier et deuxième au virage 4, vous n’imaginez pas que vous n’allez pas gagner la course », a-t-il déclaré. Il a annoncé vouloir discuter avec les deux hommes avant de prendre position définitivement. 

    Le malaise est donc bien réel. Ferrari est minée désormais par une guerre d’égos. Leclerc n’est pas exempt de reproches, lui qui semble plus agressif sur la piste envers Hamilton que par rapport à ses autres adversaires. On peut estimer qu’il a pêché par précipitation sur son attaque, sans pour autant dédouaner Hamilton de toute responsabilité. On peut disserter sur la lutte d’influence interne qui anime deux champions qui ont faim, dans une équipe où il n’y a pas de hiérarchie claire établie entre eux. Les critiques vont se déportent alors sur Frédéric Vasseur, mais aussi le directoire Ferrari global : l’absence de directives claires concernant la gestion de course entre les deux pilotes ne peut qu’amener à une dégradation de la confrontation et à d’autres incidents. C’est au niveau du management qu’il va falloir « trancher dans le vif », pour mettre de l’ordre entre les deux lions en cage. Sinon Ferrari restera une belle machine à perdre.

    OCON écarté par Haas : une mise à pied brutale

    L’autre affaire qui a agité le paddock mexicain concerne Esteban Ocon. Le samedi matin, Haas annonce officiellement que le Français ne participera pas à la suite du week-end, remplacé par son pilote de réserve japonais Ryō Hirakawa. (qui roule en WEC avec Toyota, sponsor titre du team)

    La décision est particulièrement surprenante, puisque Ocon avait participé aux essais libres du vendredi après avoir laissé sa voiture à Hirakawa lors de la première séance. Haas ne fournit alors aucune explication détaillée, se contentant d’indiquer dans un communiqué laconique que le changement ne résulte pas d’un problème de santé. Cette absence de communication officielle alimente rapidement les spéculations dans le paddock. 

    Les tensions auraient commencé le vendredi, à l’occasion d’un désaccord concernant le programme pneumatique d’Ocon. Le pilote français aurait notamment manifesté son mécontentement à la radio après que son ingénieure lui eut annoncé une modification de la stratégie initialement prévue. « Ne me faites pas ça ».  Mais l’affaire aurait pris une autre dimension après une discussion entre Ocon et le directeur de l’équipe, Ayao Komatsu. Plusieurs informations de presse ont évoqué une altercation particulièrement vive, certains médias allant jusqu’à mentionner une possible confrontation physique. Ocon a rapidement réagi pour démentir cette dernière affirmation. Sur X, le Français a reconnu l’existence d’un désaccord et d’une discussion tendue, mais a catégoriquement nié toute violence physique.

    Ce désaccord stratégique en essais n’a sans doute été que le déclencheur final d’une accumulation de griefs et de tensions s’étant cumulés depuis plusieurs mois, et qui ont fini apparemment par la déflagration, dont nous n’avons pas encore tous les tenants et les aboutissants. Ocon sait déjà qu’il ne sera pas conservé par l’écurie américaine pour 2027, Rafael Câmara étant annoncé pour lui succéder. Mais son départ devait initialement intervenir à la fin de la saison. Depuis l’annonce de son non-remplacement, Esteban n’a plus vraiment retenu ses mots et ses critiques en conférence de presse contre l’équipe. 

    En tous cas, dans ce monde très politique de la F1, on a constaté que les soutiens se sont faits rares. Toto Wolff, qui a géré Esteban quand il était chapeauté par Mercedes, est resté évasif, tandis que Flavio Briatore, qui avait lui-même précipité le départ d’Ocon d’Alpine fin 2024, a simplement dit qu’il fallait respecter celui qui vous donne un travail. Bref, tout le monde dans le paddock sait, mais cela reste dans les coulisses. Pour l’instant… 

    Quant à Ocon, son avenir en Formule 1 apparaît désormais particulièrement incertain. Les derniers bruits, venus du journal allemand Bild, évoquent une entame de négociations entre les deux parties pour mettre un terme au contrat. Cela laisse imaginer qu’on ne reverra plus Ocon dans le baquet de la Haas d’ici la fin de la saison. Cette nouvelle séparation mouvementée lui apporte forcément une mauvaise presse et accentue un peu plus cette image assez difficile qu’il traîne dans le paddock depuis plusieurs années déjà.  Le Français risque de voir se refermer les dernières portes dans le paddock. Le dernier espoir serait Aston Martin, en tant que pilote de réserve.  

    Kimi Antonelli : le nouveau prodige qui bat tous les records de précocité 

    Au milieu de toutes ces tensions, le Grand Prix de Mexico a surtout consacré une nouvelle génération. À 20 ans et 68 jours, Andrea Kimi Antonelli est devenu le plus jeune champion du monde de Formule 1 de l’histoire. Parti quatrième, il a réalisé une course très solide et terminé sur le podium. Après un premier relais particulièrement long sur les pneus tendres, Antonelli a dû composer avec l’interruption de la course provoquée par l’accident de Bottas. Il est reparti quatrième après le nouveau départ arrêté, mais a rapidement dépassé Leclerc pour retrouver une place sur le podium. 

    Antonelli décroche son premier titre mondial dès sa deuxième saison en Formule 1, ce que seuls Fangio, Jacques Villeneuve et Lewis Hamilton ont accompli. Il efface ainsi le précédent record de précocité détenu par Sebastian Vettel, sacré à 23 ans. Le podium fut aussi un moment iconique, Antonelli ayant le privilège de célébrer son titre entouré de Verstappen et Hamilton, soit 11 titres mondiaux en plus du sien. Les deux monstres de la dernière décennie ont porté en triomphe le nouvel empereur en le hissant sur leurs épaules. Un symbole grandiose. 

    Le titre mexicain n’est que le dernier d’une longue série de records établis par le jeune Italien au cours de cette saison 2026. Dès le Grand Prix de Chine, Antonelli avait signé sa première pole position en Grand Prix à seulement 19 ans et 6 mois. Il devenait alors le plus jeune poleman de l’histoire, battant le record précédemment détenu par Vettel.  Le dimanche, il transformait cette première pole en victoire, devenant le plus jeune pilote à remporter une course en partant de la première position. Il ne détient toutefois pas le record absolu du plus jeune vainqueur d’un Grand Prix, qui reste la propriété de Max Verstappen, victorieux à 18 ans.  Deux semaines plus tard, au Japon, Antonelli remportait une nouvelle course et prenait la tête du championnat. À 19 ans et 7 mois , il devenait également le plus jeune pilote à occuper la première place du classement mondial, effaçant un record détenu jusque-là par…Lewis Hamilton. 

    Son succès en Principauté lui permettait de devenir le plus jeune vainqueur de l’histoire du Grand Prix de Monaco. Il réalisait également un Grand Chelem, c’est-à-dire une victoire en partant de la pole position, en menant tous les tours et en signant le meilleur tour en course. Il devenait le plus jeune pilote à accomplir cette performance.  Un autre moment fort de sa saison est intervenu à Monza. Devant son public, le pilote Mercedes a remporté le Grand Prix d’Italie après être remonté depuis l’arrière de la grille. Il est ainsi devenu le premier Italien à gagner son Grand Prix national depuis Ludovico Scarfiotti en 1966. 

    En remportant le championnat à Mexico, Antonelli devient le premier pilote né dans les années 2000 à décrocher le titre mondial. Né en 2006 à Bologne, il est également le premier Italien champion du monde depuis Alberto Ascari en 1953. 73 ans d’attente pour l’Italie, qui n’avait eu depuis plus de soixante ans que des vainqueurs de grand prix talentueux (De Angelis, Trulli, Fisichella, Patrèse) mais aucun en position de jouer le titre, sauf Michel Alboreto, qui avait été pendant une partie de la saison 1985 le rival d’Alain Prost. 

    Enfin, Kimi Antonelli apporte une fraîcheur bienvenue en F1, où l’on a vu beaucoup de « dramas » avec de vieux briscards (comme Alonso et ses saillies à l’acide) ou des guerres d’égos (Suivez mon regard vers Maranello). Avec son visage encore bambin, son tempérament farceur (il faut voir les farces qu’il joue à son ingénieur Bono), son entourage familial charmant, sa spontanéité et son sourire, le jeune Italien donne un coup de jeune et de jovialité incroyable au paddock si politique de la Formule 1. Mercedes et Toto Wolff peuvent se féliciter d’avoir remporté ce pari gagnant, en ayant misé très tôt, dès 2018, sur ce jeune espoir. Et le patron autrichien de surenchérir sur les nouvelles valeurs véhiculées par sa pépite :

    « Ce modèle de pilote égoïste et impotoyable, qui veut gagner à tout prix, est désormais dépassé. Nous avons un nouveau champion qui incarne des valeurs comme l’humilité, l’intégrité, la loyauté et le respect. Il devrait servir de modèle à beaucoup d’autres jeunes pilotes dans les formules juniors. Il devrait servir de modèle aux quelques enfants gâtés de la Formule 1, les éternels pleurnichards à la radio, ceux qui se plaignent, ceux qui provoquent des accidents. »

    Chacun sera libre d’interpréter ou non cela comme des petits « scuds » envoyés à certains…

    Reste maintenant à savoir si ce premier sacre annonce une longue domination ou s’il ne constitue que le début d’une rivalité avec Verstappen, Hamilton, Leclerc et les autres prétendants.  À Mexico, en tout cas, l’histoire a changé de chapitre. 

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    Nicolas Anderbegani
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    Petit-fils de "Citroëniste" et fils de "Béhémiste", je suis tombé dans la potion magique automobile tout petit. Charmé avant tout par les belles Italiennes, je suis passionné par les sports mécaniques, Formule 1 en pole position évidemment. Toujours prompt à dégainer mon appareil photo, je suis de près l'actualité sous toutes ses formes, aimant "shooter" des bolides en mouvement et faire des montages vidéos. Mes champs de prédilection sont l'actualité produit des marques Italiennes et des sportives en général, le sport automobile et les évènements historiques, qui recoupent ma profession d'enseignant d'Histoire. Je retranscris ma passion enfin dans l'écriture d'ouvrages.

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