Un tribunal de Séoul déboute 88 propriétaires de Tesla qui réclamaient le remboursement du logiciel Full Self-Driving, jugé non promis comme autonome.
Un tribunal sud-coréen a rejeté jeudi la plainte de dizaines de propriétaires de Tesla qui réclamaient le remboursement intégral des sommes versées pour le logiciel d’assistance à la conduite « Full Self-Driving » (FSD). Le tribunal de district central de Séoul a statué contre les 88 plaignants, estimant que le constructeur n’avait pas manqué à ses obligations contractuelles. Selon la décision rapportée par Reuters, l’option FSD ne promettait pas une conduite entièrement autonome sans intervention humaine, et Tesla avait déjà fourni une partie des fonctions incluses dans le package. Tesla n’a pas immédiatement commenté le jugement, qui s’inscrit dans un contexte de litiges comparables dans plusieurs pays.
Ce que reprochaient les plaignants
Dans leur action intentée en 2024, les propriétaires affirmaient que Tesla Korea n’avait pas été en mesure de mettre en œuvre l’option FSD en Corée du Sud pendant plus de huit ans, depuis le début de sa commercialisation vers mars 2017. Ils soutenaient que le constructeur n’avait pas livré la technologie promise. Le tribunal a toutefois rejeté leur interprétation du FSD comme un système de conduite entièrement autonome, c’est-à-dire de niveau 5.
Les arguments retenus par le tribunal
Les juges ont considéré que l’obligation de Tesla de livrer des fonctionnalités supplémentaires dépendait des avancées technologiques et des autorisations réglementaires, et que les acheteurs savaient que certaines fonctions pouvaient mettre longtemps à arriver. Ils ont également constaté que Tesla avait fourni les fonctions de base d’Autopilot et d’Enhanced Autopilot. Une récente mise à jour logicielle a en outre apporté la reconnaissance des feux et des panneaux, ainsi que des capacités de conduite en ville, aux véhicules plus anciens équipés de l’ordinateur Hardware 3 (HW3). Enfin, le tribunal a jugé que Tesla ne pouvait être tenu responsable des retards liés au respect des réglementations nationales et internationales.
Des litiges parallèles en Chine et aux États-Unis
Le constructeur fait face à des défis juridiques similaires ailleurs, en raison des retards dans la livraison des capacités de conduite autonome longtemps promises par Elon Musk. En Chine, dix propriétaires ont déposé une action conjointe réclamant des remboursements ainsi que des dommages-intérêts équivalents à trois fois le prix de l’option FSD ou du véhicule entier, selon un rapport. Aux États-Unis, une cour d’appel fédérale a empêché plus tôt ce mois-ci des propriétaires californiens de mener des actions collectives alléguant des pratiques trompeuses sur la technologie de conduite autonome, même si la procédure sous-jacente se poursuit. Elon Musk a prédit à plusieurs reprises que Tesla atteindrait une conduite entièrement autonome, mais ce niveau n’a pas encore été atteint.
Notre avis, par leblogauto.live
Cette décision conforte la lecture selon laquelle le FSD est un système d’assistance et non une conduite autonome de niveau 5, une nuance essentielle pour les acheteurs. Le tribunal a surtout retenu que le calendrier des fonctionnalités dépendait des approbations réglementaires, un argument que Tesla pourrait invoquer ailleurs. Le jugement ne règle toutefois pas les litiges en cours en Chine et aux États-Unis, où le contexte juridique diffère. Il rappelle enfin l’écart persistant entre les promesses de conduite autonome et la réalité technologique.


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