Cet exemplaire précis d’Alfa Romeo Alfasud Sprint 1.5 Veloce de 1979 est actuellement à vendre à Limoux (Aude) pour 19 950 €. Avec seulement 29 800 km au compteur, une finition Grigio Inacio rarissime et un intérieur chocolat sans la moindre usure visible, il constitue l’un des spécimens les mieux préservés du marché. L’article qui suit retrace l’histoire de ce modèle culte et détaille ce qui rend cet exemplaire particulièrement remarquable pour un collectionneur sérieux.

Pourquoi ce modèle fait rêver
L’Alfasud Sprint appartient à cette catégorie restreinte de voitures qui ont marqué leur époque par la cohérence totale de leur conception. Dessinée par Giugiaro chez Italdesign à la fin des années 1970, la carrosserie fastback à deux volumes est d’une pureté de ligne que peu de ses contemporaines ont égalée. Mais la Sprint ne se contente pas d’un beau profil : elle repose sur la plateforme de l’Alfasud berline, une architecture à traction avant et moteur à plat – le fameux flat-four boxer – conçue par l’ingénieur Rudolf Hruska. Ce choix technique confère à la voiture un centre de gravité très bas, une répartition des masses exemplaire et une légèreté de comportement qui ont fait sa réputation sur route comme sur circuit.
La version 1.5 Veloce, au sommet de la gamme Sprint à cette époque, bénéficiait d’un moteur plus puissant, d’une boîte cinq vitesses et de freins à disque aux quatre roues. Elle s’adressait à un conducteur qui voulait davantage qu’un simple agrément de conduite : il cherchait une complicité réelle avec sa voiture. Cette philosophie, typiquement Alfa Romeo, s’exprime pleinement dans la Sprint, que la presse spécialisée a régulièrement citée comme l’une des sportives compactes les plus attachantes de sa génération.
Aujourd’hui, la rareté des exemplaires en bon état original fait de la Sprint 1.5 Veloce un objet de désir croissant pour les collectionneurs européens. La corrosion a emporté la grande majorité des voitures de série, et les restaurations parfaitement fidèles sont coûteuses. Un exemplaire « time warp », c’est-à-dire resté dans son jus depuis la sortie d’usine, est devenu exceptionnnel.

Ce qui rend ce modèle vraiment spécial
Design et identité
Giugiaro a conçu la Sprint au moment où il signait également la Golf Mk1, la Scirocco ou encore la Maserati Merak. Son style pour l’Alfa est pourtant distinct : les flancs sont tendus, le hayon plongeant intègre une lunette généreuse, et les feux arrière horizontaux forment une signature reconnaissable immédiatement. Les proportions sont celles d’un coupé 2+2 compact, ni trop nerveux ni trop sage. La calandre basse avec le bouclier Alfa Romeo typique des années 1970 ancre la voiture dans son époque sans qu’elle paraisse datée pour autant.
La couleur Grigio Inacio portée par cet exemplaire mérite une attention particulière. Il s’agit d’un gris chaud, légèrement perlé, qui met en valeur les lignes tendues de la carrosserie mieux que les teintes plus courantes. Couplé à l’habitacle chocolat, l’ensemble dégage une élégance sobre et cohérente, à l’opposé de la vulgarité de certaines combinaisons de l’époque. Cette teinte est identifiée comme rare par le vendeur, et aucune source de marché consultée ne la contredit.
Témoignages
La réputation de conduite de l’Alfasud Sprint a été consignée par de nombreux essayeurs au fil des décennies. Le magazine britannique Evo a qualifié l’Alfasud de « l’une des voitures à traction avant les plus satisfaisantes jamais construites », soulignant la précision de sa direction et la neutralité de son comportement en courbe. Cette appréciation concerne la berline mais s’applique pleinement à la Sprint, qui partage la même base dynamique avec un poids encore inférieur.
Du côté des propriétaires, le forum spécialisé Alfasud.org regorge de témoignages convergents : « Une fois qu’on a conduit une Sprint en bon état, on comprend pourquoi les pilotes de l’époque se battaient pour en avoir une en voiture de course. Le moteur boxer donne une sonorité et une souplesse qu’aucun quatre-cylindres en ligne ne reproduit vraiment », écrit un membre régulier du forum, propriétaire de deux exemplaires.

Mécanique et fiche technique en clair
Moteur et caractère
Le cœur de la 1.5 Veloce est un moteur flat-four de 1 490 cm³ à double arbre à cames en tête, alimenté par deux carburateurs Dell’Orto. Cette architecture, horizontalement opposée, abaisse le centre de gravité et supprime les vibrations secondaires propres aux quatre-cylindres conventionnels. La puissance annoncée à l’époque était de 95 chevaux, ce qui, combiné au poids contenu de la voiture, donnait des performances très honorables pour 1979. La sonorité du moteur, grave et méculeuse à bas régime, devient plus vive et tendue à l’approche du rupteur, caractéristique immédiatement reconnaissable par les connaisseurs.
La boîte manuelle à cinq vitesses présente des rapports bien étagés. Le levier de vitesse, court et précis sur les exemplaires en bon état, participe à l’engagement du conducteur. La direction à crémaillère sans assistance est directe et communique bien les informations de la chaussée, selon la tradition Alfa Romeo de l’époque.
Châssis et tenue de route
La suspension de l’Alfasud Sprint s’appuie sur des jambes MacPherson à l’avant et un essieu rigide à ressorts hélicoïdaux à l’arrière, avec barre stabilisatrice. Ce schéma simple a l’avantage d’une grande fiabilité mécanique et d’un comportement sain, avec une légère tendance au sous-virage en entrée de courbe vite contrée par une relance franche sur l’accélérateur. Les freins à disque aux quatre roues, rares à cette époque sur ce segment, procurent un mordant et une endurance bien supérieurs à ce qu’offraient les concurrentes équipées de tambours à l’arrière.
Vie à bord aujourd’hui
Monter dans une Alfasud Sprint en 2026, c’est accepter les dimensions de son époque : l’habitabilité arrière est limitée pour des adultes de grande taille, le coffre sous le hayon n’est pas généreux, et l’insonorisation reste légère. Mais l’ergonomie du poste de conduite est surprenante. Le volant tombant, le tableau de bord en arc de cercle avec ses cadrans ronds bien lisibles, les commandes accessibles sans effort : tout cela compose un environnement de conduite cohérent. Sur route, la faiblesse de l’isolation phonique devient un atout : on entend le moteur boxer, on ressent les pneus sur le bitume, on est en contact permanent avec la voiture. C’est précisément ce que cherche un amateur de conduire authentique.

Les raisons de s’y intéresser aujourd’hui
La cote de l’Alfasud Sprint connaît une hausse progressive depuis une dizaine d’années, portée par la raréfaction des bons exemplaires. Les modèles corrects se vendent entre 8 000 € et 14 000 €, tandis que les voitures d’exception, non restaurées et documentées, franchissent régulièrement la barre des 20 000 €. La Sprint 1.5 Veloce en parfait état d’origine se situe dans une catégorie où la demande dépasse largement l’offre.
Par ailleurs, le mouvement de fonds qui valorise les voitures « unrestored » dans les grandes maisons de vente aux enchères (Artcurial, RM Sotheby’s, Bonhams) touche désormais tous les segments, y compris les sportives compactes des années 1970-1980. Une Sprint aussi préservée que celle-ci répond exactement à ces critères d’authenticité que les collectionneurs avertis recherchent en priorité.

Les points à connaître avant d’acheter
Faiblesses connues
L’Alfasud souffre d’une réputation de corrosion qui lui a coûté une grande partie de sa population mondiale. Les zones à surveiller sont les bas de caisse, les passages de roue arrière, les seuils de porte, les longerons avant et les reprises de roue. Sur les exemplaires mal entreposés ou utilisés par temps de pluie sans traitement anti-corrosion régulier, les dégâts peuvent être structurels. Les carburateurs Dell’Orto demandent un réglage précis pour fonctionner correctement, et les joints de culasse sont une faiblesse connue du moteur flat-four, particulièrement si la voiture a été surchauffée. Les câblages électriques d’époque vieillissent et méritent un contrôle attentif.
Coûts d’entretien réalistes
Un spécialiste Alfa Romeo d’époque facture généralement entre 80 € et 120 € de l’heure. Une révision complète (filtres, bougies, réglage carburateurs, contrôle de la distribution, purge des freins) représente un budget de l’ordre de 600 € à 1 200 € selon l’état de départ. Les pièces détachées d’origine se font rares mais des spécialistes comme Alfaholics au Royaume-Uni ou des fournisseurs italiens proposent des reproductions ou des pièces NOS (New Old Stock) pour l’essentiel des besoins courants. La casse spécialisée reste une source complémentaire.
Points à vérifier avant achat
Sur un exemplaire annoncé en état d’origine, la priorité est d’inspecter minutieusement les zones de corrosion habituelles : un miroir sous le soubassement et une lampe suffisent pour une première évaluation. Il convient de vérifier la concordance du numéro de châssis avec les documents italiens, de tester la compression de chaque cylindre du moteur, de contrôler l’étanchéité des joints de culasse et de vérifier que les freins répondent uniformément sur les quatre roues. Sur cet exemplaire précis, le vendeur indique que le dessous a été inspecté et photographié, et que la voiture vient d’être entretenue en prévision de la vente, ce qui est un point de départ favorable.

Cote actuelle et tendances de marché
Selon les données compilées par la revue spécialisée Argus du Collectionneur et les observations récentes sur les plateformes comme Classic Driver et lesAnciennes.com, la cote de l’Alfasud Sprint se structure ainsi en 2026 :
| Version | État moyen | Bon état | Exceptionnel / origine |
|---|---|---|---|
| Sprint 1.3 (1976-1980) | 4 000 – 7 000 € | 7 000 – 11 000 € | 12 000 – 16 000 € |
| Sprint 1.5 Veloce (1979-1983) | 6 000 – 10 000 € | 10 000 – 15 000 € | 16 000 – 22 000 € |
| Sprint 1.5 Quadrifoglio Verde (1983-1989) | 5 000 – 9 000 € | 9 000 – 14 000 € | 15 000 – 20 000 € |
Sources : Argus du Collectionneur, Classic Driver, lesAnciennes.com – novembre 2026

L’exemplaire actuellement à vendre
Cette Sprint 1.5 Veloce de 1979 a vécu toute sa vie au sein d’une même famille italienne, qui l’a acquise neuve et conservée dans un garage chauffé et sec. Ces deux éléments, continuité de propriété et conditions de stockage idéales, expliquent l’état du soubassement et de la carrosserie : aucune trace de rouille n’est signalée, et les photos disponibles dans l’annonce montrent des passages de roue et des bas de caisse d’une propreté remarquable pour une voiture de 47 ans.
La teinte Grigio Inacio est l’une des couleurs les moins répandues au catalogue de l’époque. Associée à l’intérieur en tissu chocolat non marqué, elle compose une présentation d’une cohérence rare. Le vendeur précise que certains éléments intérieurs conservent encore leur protection d’origine, notamment les retours de portières, ce qui confirme le faible usage de l’habitacle.
Fait notable : les pneus Goodyear d’origine montés à la sortie d’usine sont toujours présents sur les jantes en acier d’époque. Le vendeur a choisi de les conserver à des fins de documentation, tout en fournissant avec la voiture un second jeu de jantes Alfaholics 14 pouces (format GTA) chaussées de pneus Dunlop Sport neufs. L’acheteur dispose ainsi d’une voiture utilisable immédiatement et d’un témoignage concret de l’état d’origine.
La voiture est livrée avec son Libretto (livret d’immatriculation italien), les manuels du propriétaire et des brochures commerciales couleur d’époque. Elle vient d’être entièrement révisée en prévision de la vente. Le vendeur propose par ailleurs d’effectuer l’immatriculation française avec certification FFVE pour un acheteur établi en France, ou d’organiser l’expédition vers toute destination internationale. Elle est visible à Limoux (Aude, 11300).

Notre avis
Les « time warp » sont des expressions souvent galvaudées dans le monde de la collection. Ici, les arguments sont concrets et vérifiables : un seul propriétaire depuis le neuf, 29 800 km attestés, une couleur rare, un état photographié sous toutes les coutures y compris le dessous, et des détails d’authenticité (pneus d’origine, protections de portières) difficiles à fabriquer de toutes pièces. L’Alfasud Sprint 1.5 Veloce est une voiture dont la cote progresse régulièrement, et les exemplaires dans cet état de préservation deviennent chaque année plus difficiles à trouver.
Le prix de 19 950 € se situe dans le haut de la fourchette pour une Sprint 1.5 Veloce, ce qui est cohérent avec l’état annoncé. Un acheteur qui voudrait restaurer une Sprint à ce niveau partirait sur un budget bien supérieur, sans jamais atteindre la valeur d’un original non touché. La principale prudence à exercer est celle de tout achat à distance : une inspection physique, idéalement par un spécialiste Alfa Romeo d’époque, reste indispensable avant tout engagement.
Lien vers l’annonce de cette Alfasud Sprint 1979 sur lesAnciennes.com
En résumé
L’Alfa Romeo Alfasud Sprint 1.5 Veloce de 1979 est l’un des coupés compacts les plus attachants de sa décennie, réunissant un moteur flat-four caractériel, un châssis d’une justesse remarquable et une ligne signée Giugiaro qui n’a pas vieilli. L’exemplaire proposé à Limoux cumule les arguments rares : un seul propriétaire, moins de 30 000 km, une couleur Grigio Inacio peu commune et un état de conservation que les photos illustrent de manière convaincante. Proposé à 19 950 €, il se positionne dans le segment haut de la cote actuelle pour cette version, en accord avec l’état décrit. Les pièces de documentation (Libretto, manuels, brochures d’époque) et le second jeu de jantes Alfaholics complètent un dossier solide. Pour un collectionneur qui préfère l’authenticité à la perfection restaurée, cet exemplaire mérite le déplacement jusqu’à Limoux.


3 commentaires
30 000 KM seulement ? Mais pourquoi donc avoir acheté une Alfa Sprint !
J’ai un faible pour les dernières Quadrifolio Verde, si possible couleur noire, même avec le plastique partout.
J’en ai conduit une – voiture de prêt de garage, si : moteur très coupleux, très, mais vraiment très sonore en haut des tours, boite de vitesse caoutchouteuse mais elle avait presque 200 000 km alors…
Très jolie petite Alfa ici, un modèle pour aficionados certes.
Mon premier achat automobile, en 87, 17000 francs pour 56mkm, un coup de cœur en soulevant le capot et en voyant ce moteur !! Auto très sympa après une R5 TS, jolie bruit et ligne. Bon enchaînement en virage. Revendue 14kf un an plus tard pour une R5 gtTurbo nacré comme celle de l’article précédent …Une époque !! Un kit Turbo et on était le roi du monde 😃,un peu instable à haute vitesse,finie volée un soir de match… et le passage à une 205 1.9 apportait un couple à bas régime et une tenue de route jouissifs !! Ah les voitures de notre jeunesse !!
La plus vendue , une alfa pas chère , à cet époque ( et surtout la plus visible dans la rue ) était l’alfasud jaune en 4 portes pour les meufs.
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